La QVT (Qualité de Vie au Travail) est désormais une préoccupation majeure pour les responsables RH/RSE et les dirigeants : les salariés sont devenus exigeants à cet égard et n’hésitent pas à rejoindre des environnements professionnels qui offrent des conditions de travail à la hauteur de leurs attentes. Manque d’attractivité, fuite des talents, inutile de s’étendre sur les enjeux de la QVT pour les employeurs d’aujourd’hui, c’est un sujet largement documenté. A noter que les salariés-parents sont particulièrement concernés par cette question, au point que l’OPE (Observatoire de la Parentalité en Entreprise et de l’Equilibre des Temps) vient de changer de nom et de se repositionner en tant qu’Observatoire de la Qualité de Vie au Travail.

Parmi les composantes de la QVT, les attentes des salariés portent aussi bien sur des questions d’environnement de travail et d’organisation que sur des questions d’ambiance, de relations interpersonnelles ou de reconnaissance. Avec un véritable enjeu à la clé : le fameux équilibre vie pro/vie perso. Un équilibre subtil à construire, sachant que « si l’entreprise doit agir en faveur de la QVT, c’est in fine l’individu qui est responsable de son équilibre de vie et de sa qualité de vie globale », comme le souligne à juste titre Jérôme Ballarin.

On voit donc la nécessité de s’intéresser aux collaborateurs plus largement que par le seul prisme du travail et de la vie professionnelle : leur qualité de vie globale dépend également des autres sphères qui composent leur vie.

Et la QVM, dans tout ça ?

On le sait tous, il y a porosité croissante entre les différentes sphères de vie, notamment entre la vie professionnelle et la vie familiale : débordement de la vie professionnelle sur les temps familiaux, en soirée ou pendant les vacances (d’où le droit à la déconnexion), mais également débordement de la vie familiale sur la vie professionnelle, aux différentes étapes de la parentalité à 360° (grossesse, enfant malade, parents dépendants, etc.)

QVM : Qualité de Vie à la Maison

C’est là que je vous propose d’introduire une nouvelle notion dans la réflexion sur l’équilibre de vie. Il s’agit de la QVM, la Qualité de Vie à la Maison.

La QVM concerne chacun d’entre nous, mais de manière différente selon que l’on vit seul ou avec d’autres, sous un même toit, en coloc ou dans des configurations familiales diverses. Chaque personne vivant « à la maison » contribue à sa façon à sa propre QVM et à celle de tous les autres. La QVM étant un sujet très vaste, je choisis ici de centrer mon propos sur la QVM des parents et la relation parent-enfant, en dehors de toute autre considération pour le moment.

QVM et parentalité

Il n’existe évidemment pas d’étude sur les attentes en matière de Qualité de Vie à la Maison, puisque le concept est nouveau. A défaut, on peut extrapoler à partir des attentes des salariés concernant la QVT et des registres sur lesquels elles portent : environnement, organisation, ambiance, relations interpersonnelles et reconnaissance – la liste est loin d’être exhaustive. On peut ainsi supposer que, pour les parents, la Qualité de Vie à la Maison va dépendre du cadre dans lequel ils vivent, de l’organisation familiale et de l’ambiance générale, des relations avec les enfants et de la reconnaissance accordée au travail accompli pour faire tourner la maisonnée, prendre soin de chacun et mener de front vie familiale et vie professionnelle.

Autrement dit, la QVM des parents va être liée aux questions de répartition des tâches et des responsabilités au sein de la maisonnée, de gestion du temps et de la logistique (liées aux activités de chacun à coordonner et à superviser), de communication avec les enfants, de capacité de chacun à exprimer ses besoins, de climat général et d’ambiance familiale, qui varient au gré des humeurs de chacun et des imprévus de la vie.

Comme pour la QVT, les facteurs humains y ont la part belle. De fait, au-delà de la fameuse « charge mentale », qui renvoie à la « to do list » géante de la plupart des parents, on voit bien que les enjeux relationnels sont omniprésents et que les enfants contribuent à leur manière à la QVM générale. A leur niveau, il s’agit par exemple d’être prêts à l’heure pour le départ à l’école, de respecter les règles de la maisonnée, de ranger leurs affaires, de se montrer coopératifs, de participer à leur mesure aux tâches ménagères, d’être reconnaissants, de savoir remercier, etc.

Et c’est là qu’on comprend le lien entre la Qualité de Vie à la Maison et la relation parent-enfant : quel parent ne s’est pas retrouvé confronté à des situations de conflit ou de crise avec ses enfants, autour de ces questions d’organisation de la vie familiale au quotidien ? A l’inverse, quel parent ne s’est pas senti heureux de voir son enfant franchir de nouvelles étapes, comme attacher ses lacets tout seul ou rendre service avec le sourire ? Ainsi la relation parent-enfant colore le quotidien de la vie de parent. Autant elle peut contribuer à alimenter son « réservoir affectif » et lui procurer de l’énergie, autant elle peut conduire à l’épuisement et au burn-out parental, quand la situation dégénère et que le parent se sent dépassé et complètement épuisé. Une relation parent-enfant de qualité, construite avec sérénité au fil du temps, est un atout pour l’épanouissement de l’enfant et pour celui du parent. C’est également un facteur favorable à une bonne Qualité de Vie à la Maison : moins de stress, moins de tension, une plus grande capacité à rebondir et à s’adapter en cas de crise ou d’imprévu.

La QVM, une dimension de l’équilibre de vie des parents

On devine en filigrane, derrière la QVM des parents, des enjeux qui dépassent largement le cadre de la relation parent-enfant. Questions d’organisation, de répartition des tâches, d’égalité homme/femme et de relations inter-personnelles, questions également d’éducation et de santé : les multiples facettes de la QVM sont à prendre en compte dans toute réflexion concernant l’équilibre de vie des parents.

Il apparaît donc nécessaire de s’interroger sur les conditions d’une bonne QVM, de même que sur les responsabilités imparties aux divers acteurs concernés… sujet qui sera traité dans un prochain article.

Chez « Parents & Talents », nous avons choisi d’axer nos formations sur la relation parent-enfant : nous aidons les parents à devenir acteurs de leur équilibre de vie et contribuons à améliorer leur Qualité de Vie à la Maison. En intervenant là où ils vivent, là où ils travaillent, nous nous engageons pour la parentalité et l’intérêt général, en partenariat avec les entreprises et les collectivités qui nous font confiance.

Véronique d'Estaintot
co-fondatrice "Parents & Talents"